Par Dr Adrien Salles — Médecin généraliste, médecin agréé permis de conduire · Publié le · Mis à jour le

L’essentiel

Après un accident sans blessure grave ni injonction du préfet, aucune visite médicale n'est obligatoire pour reprendre le volant. En revanche, si l'accident a entraîné une affection figurant dans l'arrêté du 28 mars 2022 (traumatisme crânien avec lésion cérébrale, séquelles motrices…), vous devez solliciter l'avis d'un médecin agréé. Après un homicide ou des blessures routières, un examen médical sous 72 heures peut être exigé si l'état du conducteur paraît incompatible avec la conduite, et le préfet peut ordonner un contrôle après tout accident corporel.

Visite médicale pour reprise après accident : ce qu'il faut savoir

Après un accident de la route ayant entraîné des blessures significatives, ou après une hospitalisation prolongée, la reprise de la conduite ne peut pas se faire sans une évaluation médicale préalable dans certains cas. Voici les situations où une visite médicale est nécessaire, et comment procéder.

Accident sans blessure grave ni convocation préfectorale

Si vous avez eu un accident de la route sans blessure grave, sans séquelles durables, et que vous n'avez reçu aucune convocation de la préfecture, vous n'êtes pas obligé de passer une visite médicale avant de reprendre le volant. Votre permis reste valide.

Accident avec blessures ayant entraîné une affection médicale

Si l'accident a provoqué une affection susceptible d'affecter votre aptitude à conduire — traumatisme crânien, fractures multiples limitant la mobilité, lésion neurologique, coma… — et que cette affection figure dans l'arrêté du 28 mars 2022, vous devez solliciter l'avis d'un médecin agréé dès que vous en avez connaissance, avant de reprendre le volant (article 4 de l'arrêté). Il n'y a pas de déclaration à adresser à la préfecture : c'est vous qui prenez rendez-vous.

Examen sous 72 heures après un homicide ou des blessures routières

Depuis la loi du 9 juillet 2025, l'article L. 232-4 du code de la route prévoit qu'en cas d'homicide routier ou de blessures routières, lorsque les circonstances laissent présumer que l'état du conducteur peut être incompatible avec le maintien du permis, le conducteur doit se soumettre à un examen médical, à ses frais, dans les 72 heures (ou dès que son état de santé le permet), chez un médecin agréé consultant hors commission médicale. Le permis est retenu à titre conservatoire ; en cas d'inaptitude, le préfet peut le suspendre jusqu'à un an.

Contrôle médical ordonné par le préfet

Après un accident corporel, le préfet peut aussi vous enjoindre de passer un contrôle médical, de même que lorsque les informations en sa possession laissent penser que votre état de santé peut être incompatible avec la conduite (article R. 221-14 du code de la route). Le refus de vous y soumettre est établi un mois après la première injonction restée sans effet, sans motif valable (arrêté du 31 juillet 2012, article 3).

Accident grave avec traumatisme crânien

Le traumatisme crânien est l'une des situations les plus délicates. Selon la sévérité :

Après un traumatisme crânien grave, une épilepsie post-traumatique peut survenir dans les semaines ou mois suivant le choc : ce risque doit être évalué par un neurologue.

Reprise après chirurgie orthopédique ou fractures

Après une fracture ou une opération du membre inférieur (hanche, genou, cheville), la reprise de la conduite dépend :

En général, une jambe droite opérée (côté de la pédale de frein) impose un arrêt de conduite plus long qu'une jambe gauche. Demandez l'avis de votre chirurgien sur la reprise. En cas de séquelles durables relevant de l'arrêté du 28 mars 2022 (amputation, limitation importante de la mobilité…), vous devez solliciter l'avis d'un médecin agréé, qui peut prévoir une boîte de vitesses automatique (code 10.02) ou d'autres aménagements.

Ce que vous devez apporter à la visite médicale

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Sources