Troubles visuels et permis de conduire : quelles conditions ?

La vision est le sens le plus sollicité lors de la conduite — on estime qu'elle représente plus de 90 % des informations perçues par un conducteur. Les critères visuels pour le permis de conduire sont donc parmi les plus détaillés de l'arrêté du 28 mars 2022.

Les critères visuels réglementaires

Groupe 1 (permis B, moto, voitures légères)

Critère Seuil minimal
Acuité visuelle binoculaire (avec correction si nécessaire) ≥ 0,5 (5/10)
Acuité de l'œil le moins bon ≥ 0,1 (1/10)
Champ visuel binoculaire horizontal ≥ 120°
Champ visuel vertical ≥ 40° vers le haut et vers le bas

Si vous portez des lunettes ou des lentilles, ces seuils s'appliquent avec correction. Le code de votre permis mentionnera l'obligation de porter vos lunettes.

Groupe 2 (poids lourds, bus, transport professionnel)

Les critères sont plus stricts :

Critère Seuil minimal
Acuité visuelle de l'œil le meilleur ≥ 0,8 (8/10) avec correction
Acuité visuelle de l'œil le moins bon ≥ 0,1 (1/10)
Champ visuel binoculaire horizontal ≥ 160°
Absence de diplopie (vision double) Obligatoire

Myopie, hypermétropie, astigmatisme

Ces anomalies réfractives courantes sont compatibles avec la conduite dès lors que vous disposez d'une correction adaptée (lunettes ou lentilles de contact) permettant d'atteindre les seuils réglementaires. Votre permis portera une restriction de correction optique obligatoire (code "01").

Vision monoculaire (perte d'un œil ou acuité très basse d'un œil)

La perte fonctionnelle d'un œil ne signifie pas automatiquement l'inaptitude à la conduite, mais elle impose une adaptation :

Glaucome

Le glaucome est compatible avec la conduite à condition que les champs visuels soient préservés dans les limites réglementaires. Un glaucome évolué ayant réduit le champ visuel de façon significative peut entraîner une restriction ou une inaptitude.

Le médecin agréé demande généralement un bilan ophtalmologique récent incluant le résultat du périmètre (champ visuel) avant de statuer.

Cataracte

Une cataracte non opérée entraînant une baisse d'acuité sous les seuils réglementaires peut conduire à une incompatibilité temporaire. Après chirurgie de la cataracte, la reprise de la conduite est généralement possible dès que l'acuité est rétablie et que la récupération postopératoire est satisfaisante — ce que confirme votre ophtalmologue.

Dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA)

La DMLA avancée touchant l'acuité centrale peut réduire l'acuité visuelle en dessous des seuils requis. Une évaluation ophtalmologique récente est indispensable. Certaines formes peu évoluées restent compatibles avec la conduite.

Diplopie (vision double)

La diplopie (vision double) est incompatible avec la conduite, sauf si elle est corrigée par des prismes ou une occlusion d'un œil rendant fonctionnelle la conduite sécurisée.

Nyctalopie (mauvaise vision nocturne)

Une mauvaise vision nocturne documentée peut entraîner une restriction de conduite de nuit (code spécifique sur le permis). Elle n'entraîne pas forcément une inaptitude totale.

Ce que vous devez apporter à la visite médicale


Sources