Comment se déroule la visite médicale pour le permis de conduire ?

La visite médicale pour le permis de conduire est un examen structuré, réalisé par un médecin agréé dans son cabinet. Elle dure en général entre 20 et 45 minutes. Voici ce que vous pouvez attendre, étape par étape.

Avant la visite : la préparation des documents

Avant de vous rendre au cabinet, assurez-vous de réunir les documents nécessaires (voir notre article Quels documents apporter ?). Si votre état de santé est connu, munissez-vous de vos comptes-rendus médicaux, ordonnances en cours, et résultats d'examens récents — ils permettront au médecin de statuer plus facilement sur votre cas.

L'entretien médical

La visite commence par un entretien au cours duquel le médecin recueille :

Répondez honnêtement. Le médecin agréé est soumis au secret médical : les informations que vous lui communiquez restent confidentielles, sauf dans les cas prévus par la loi (signalement préfectoral obligatoire pour certaines affections).

Les tests visuels

La vision est l'un des domaines les plus évalués lors de la visite médicale. Le médecin teste :

Pour le groupe 1 (permis B), les seuils minimaux sont :

Pour le groupe 2, les critères sont plus stricts : acuité visuelle ≥ 0,8 à l'œil le meilleur et ≥ 0,1 à l'œil le moins bon.

Si vous portez des lunettes ou des lentilles, apportez votre correction. Le médecin peut tester votre vision avec et sans.

L'examen cardiovasculaire

Le médecin prend votre tension artérielle et ausculte votre cœur. Si vous avez des antécédents cardiaques (infarctus, arythmie, syncope, pacemaker...), il vous demandera les documents médicaux correspondants — bilan cardiologique récent, ECG, compte-rendu d'hospitalisation.

En cas de tension élevée ou d'antécédents cardiaques non documentés, il peut surseoir à statuer (reporter son avis) et vous demander de consulter un cardiologue avant de rendre son avis.

L'examen neurologique et psychiatrique

Le médecin évalue votre état neurologique : antécédents d'épilepsie, d'AVC, de traumatismes crâniens, de troubles de la mémoire, de troubles du sommeil (apnée, narcolepsie). Si vous avez des antécédents, un avis neurologique récent est souvent demandé.

Sur le plan psychiatrique, il vérifie l'absence de troubles sévères susceptibles d'affecter la conduite : psychoses, épisodes maniaques, troubles dissociatifs. Une déclaration de traitement psychiatrique n'entraîne pas automatiquement une inaptitude — le médecin évalue la stabilité du tableau clinique.

L'examen moteur

Pour les conducteurs ayant une pathologie musculosquelettique (amputation, paralysie partielle, mobilité réduite), le médecin évalue la capacité à actionner les commandes du véhicule. Si nécessaire, il peut recommander l'adaptation du véhicule (boîte automatique, commandes manuelles) — cette restriction sera consignée sur le permis de conduire.

L'examen ORL

Un test rapide d'audition peut être réalisé, notamment pour les conducteurs de véhicules lourds. La surdité profonde bilatérale n'est pas un critère d'inaptitude automatique pour le groupe 1, mais peut l'être pour certaines catégories du groupe 2.

La remise du certificat médical

À l'issue de la visite, le médecin rend son avis sur le formulaire Cerfa n° 14880. Ce document indique :

Ce certificat est transmis à la préfecture (par le médecin ou par vous-même selon les modalités en vigueur). Conservez une copie.

Et si des examens complémentaires sont nécessaires ?

Si le médecin ne dispose pas de suffisamment d'éléments pour statuer, il peut reporter son avis et vous demander de produire des résultats complémentaires (bilan cardiologique, bilan ophtalmologique, EEG, bilan biologique, etc.) avant de rendre sa décision. Ce n'est pas un refus : c'est une demande d'informations supplémentaires pour fonder un avis éclairé.


Sources