Par Dr Anouar Erradi Médecin généraliste, médecin agréé permis de conduire · Mis à jour le

Narcolepsie, hypersomnie et permis de conduire

Cet article fait partie de notre vue d'ensemble des pathologies évaluées lors de la visite médicale du permisClasse IV (neurologie) — somnolence et endormissements.

Narcolepsie et hypersomnie idiopathique sont des maladies du sommeil rares qui provoquent une somnolence diurne excessive non liée à un manque de sommeil. Leur impact sur la conduite est direct : endormissements brutaux, attaques de sommeil, perte de vigilance. La réglementation française est exigeante, mais la conduite reste possible lorsque la maladie est correctement traitée.

Qu'est-ce que la narcolepsie ?

La narcolepsie de type 1 (avec cataplexie) et la narcolepsie de type 2 (sans cataplexie) sont des pathologies neurologiques dans lesquelles le sommeil paradoxal envahit anormalement la journée. Les manifestations principales :

L'hypersomnie idiopathique est une autre cause rare de SDE chronique, sans cataplexie ni autres signes typiques de narcolepsie.

Pourquoi la conduite est-elle un enjeu majeur ?

Les études épidémiologiques montrent un risque d'accident multiplié par 3 à 7 chez les patients narcoleptiques non traités. C'est l'une des pathologies pour lesquelles la sécurité routière est la plus directement engagée. Sans traitement, un endormissement au volant peut survenir à n'importe quel moment, parfois sans signe précurseur.

Que dit l'arrêté du 28 mars 2022 ?

La règle générale : la conduite est incompatible avec une somnolence diurne excessive persistante, quelle que soit la cause.

Pour le groupe 2 (poids lourds, transport en commun), les critères sont nettement plus stricts et l'aptitude est rarement reconnue tant que le traitement n'est pas parfaitement stabilisé.

Quels examens objectivent l'aptitude ?

Le médecin agréé ne reproduit pas ces tests à son cabinet : il s'appuie sur les comptes-rendus du médecin spécialiste du sommeil.

Un TME montrant une latence d'endormissement satisfaisante (typiquement > 19 minutes en moyenne) est un argument fort en faveur de la compatibilité.

Traitements et conduite

Le traitement de la narcolepsie repose sur :

Un patient bien traité, sans somnolence diurne résiduelle objectivée, peut généralement conduire.

Important : pendant la phase d'instauration ou de modification du traitement, vous devez vous abstenir de conduire jusqu'à stabilisation et confirmation par votre médecin du sommeil.

Périodicité du suivi

Pour le groupe 1, l'aptitude est en général délivrée à titre temporaire, avec réévaluation tous les 3 ans (voire plus court si situation instable). Pour le groupe 2, la réévaluation est annuelle.

Démarche à suivre

  1. Si vous êtes diagnostiqué narcoleptique ou hypersomniaque, signalez-le à votre médecin traitant et à votre médecin du sommeil.
  2. Demandez à votre spécialiste un compte-rendu détaillé incluant les résultats du TME, le traitement en cours, et son appréciation sur votre aptitude à la conduite.
  3. Prenez rendez-vous avec un médecin agréé par la préfecture pour une visite médicale d'aptitude.
  4. Le médecin agréé conclura à l'aptitude, l'aptitude temporaire avec restrictions, ou à l'inaptitude. Vous pouvez contester un avis défavorable via la commission médicale d'appel (voir Contester un avis d'inaptitude).

Conseils pour le conducteur narcoleptique


En résumé

Situation Aptitude (groupe 1)
Narcolepsie/hypersomnie non traitée Incompatible
Narcolepsie traitée avec SDE résiduelle Incompatible jusqu'à contrôle
Narcolepsie traitée, SDE contrôlée, TME favorable Compatible temporaire (3 ans)
Groupe 2 Beaucoup plus restrictif, évaluation annuelle

Pour aller plus loin


Sources