Annexe III : le questionnaire préalable de santé, document distinct du CERFA
Le questionnaire préalable de santé — aussi appelé déclaration de santé — est l'un des deux documents que le médecin agréé manipule à chaque visite d'aptitude à la conduite. Il est régulièrement confondu avec le CERFA 14880*02, alors qu'il s'agit d'un document distinct, soumis à un régime juridique différent. Cette page fait le point, à l'usage du médecin agréé, sur sa nature, son circuit et son exploitation en consultation.
Qu'est-ce que l'Annexe III (un document distinct du CERFA)
Le questionnaire préalable de santé correspond à l'Annexe III de l'arrêté du 28 mars 2022. C'est un document distinct du CERFA 14880*02 : il n'en est pas une partie. Les deux pièces ne se confondent donc pas, ni dans leur fonction ni dans leur circuit.
| Annexe III (questionnaire préalable) | CERFA 14880*02 (avis médical) | |
|---|---|---|
| Nature | Déclaration de santé du patient | Avis rendu par le médecin |
| Référence | Annexe III, arrêté du 28 mars 2022 | Formulaire 1488002 (notice 5167603) |
| Qui remplit | Le patient, en amont | Le médecin, lors de la visite |
| Couvert par le secret médical | Oui | Avis transmis à la préfecture |
| Conservé par la préfecture | Non | Oui (avis) |
| Signature | Du patient | Du médecin (signature + cachet) |
Le tableau résume la distinction de fond : l'Annexe III est une déclaration émanant du patient, tandis que le CERFA porte l'avis émanant du médecin. Les deux interviennent à des moments différents de la consultation et ne suivent pas le même circuit administratif.
En pratique, le patient se présente avec son Annexe III déjà renseignée. Le médecin conduit l'examen, puis formalise son avis sur le CERFA 14880*02 — c'est ce dernier qui, selon les textes, sera produit à l'appui de la démarche du patient auprès de la préfecture.
Un document déclaratif, support de l'interrogatoire
L'Annexe III est un document déclaratif : le patient y déclare ses antécédents et ses traitements en cours. Il s'agit d'une information donnée par le patient sur sa propre situation, et non d'un constat médical.
Ce caractère déclaratif a une conséquence importante pour le médecin agréé : le questionnaire ne se substitue pas à l'interrogatoire médical. Selon les textes, il sert de support de discussion et d'engagement écrit du patient. Autrement dit, il oriente et structure l'échange, mais il ne remplace ni l'interrogatoire que le médecin mène lui-même, ni l'examen clinique.
Il convient également de souligner que le caractère déclaratif n'emporte pas de sanction automatique. Une déclaration incomplète ou imprécise ne déclenche pas, par elle-même, de conséquence administrative immédiate. En pratique, il revient au médecin d'apprécier les éléments déclarés et de les utiliser pour orienter son examen : une déclaration d'antécédent cardiovasculaire, par exemple, l'amène à approfondir ce versant de l'examen.
Concrètement, le questionnaire joue donc trois rôles complémentaires pour le médecin agréé :
- Support d'interrogatoire : il fournit une trame des points à explorer (antécédents, pathologies, traitements en cours) sans dispenser le médecin de questionner directement le patient.
- Engagement écrit : en le remplissant et en le signant, le patient s'engage sur l'exactitude de ses déclarations.
- Aide à l'orientation de l'examen : les éléments déclarés signalent au médecin les domaines à approfondir.
Il revient au médecin d'apprécier la cohérence entre les déclarations du patient et ses propres constatations. Le questionnaire ne lie pas le médecin : l'avis qu'il porte ensuite sur le CERFA reste le sien, fondé sur son examen et son interrogatoire.
Secret médical : non conservé par la préfecture
Le questionnaire préalable est couvert par le secret médical. Le patient le remplit en amont de la consultation et le remet en main propre au médecin. Cette remise directe, sans intermédiaire administratif, est cohérente avec la nature des informations qu'il contient — antécédents et traitements relèvent du secret médical.
Point structurant pour la pratique : l'Annexe III n'est pas conservée par la préfecture. La déclaration de santé ne transite donc pas vers l'autorité administrative. Selon les textes, c'est l'avis porté sur le CERFA 14880*02 qui constitue la pièce destinée à la préfecture, et non le questionnaire de santé lui-même.
Pour le médecin agréé, cela clarifie le périmètre de chaque document :
- Les informations médicales détaillées (antécédents, traitements) figurant sur l'Annexe III restent dans la sphère médicale et ne sont pas communiquées à la préfecture.
- L'avis (apte, inapte, conditions éventuelles), porté sur le CERFA, est l'élément destiné à l'autorité administrative.
En pratique, le médecin verse le questionnaire à son propre dossier, sans le transmettre avec l'avis. Cette séparation participe du respect du secret médical : la préfecture reçoit un avis, pas un dossier de santé.
Signature et complétude
Le patient doit signer la déclaration de santé. La signature n'est pas une formalité accessoire : un questionnaire non signé rend le dossier incomplet.
En pratique, il revient au médecin de vérifier la présence de la signature avant d'engager la visite, ou au plus tard avant de finaliser l'avis. La signature donne au questionnaire sa valeur d'engagement écrit du patient sur l'exactitude de ses déclarations — un questionnaire renseigné mais non signé n'a pas cette portée.
Quelques points de vigilance, à apprécier au cas par cas :
- Signature présente : c'est la condition de complétude du questionnaire. En son absence, le médecin invite le patient à régulariser.
- Concordance avec l'interrogatoire : si les déclarations écrites divergent de ce que le patient indique oralement, il revient au médecin d'apprécier et d'approfondir.
- Cas du patient qui ne peut signer : situation à apprécier par le médecin selon les circonstances ; le principe reste qu'un document non signé est, selon les textes, incomplet.
Il convient de distinguer cette signature du patient sur l'Annexe III de la signature et du cachet que le médecin appose, lui, sur le CERFA 1488002 (notice 5167603). Ce sont deux signatures, sur deux documents distincts, par deux personnes différentes.
Comment l'exploiter en consultation
L'exploitation du questionnaire préalable s'inscrit dans le déroulé de la visite d'aptitude. En pratique, le médecin agréé peut procéder ainsi :
- Réception : le patient remet en main propre son Annexe III, qu'il a remplie en amont.
- Vérification de la complétude : présence de la signature du patient ; à défaut, le dossier est incomplet.
- Lecture et reprise à l'interrogatoire : le médecin parcourt les antécédents et traitements déclarés et les reprend oralement — le questionnaire ne se substituant pas à l'interrogatoire.
- Orientation de l'examen : les éléments déclarés signalent les versants à approfondir (vision, appareil locomoteur, cardiovasculaire, neurologique, traitements à risque pour la conduite).
- Formalisation de l'avis : à l'issue de l'examen, le médecin porte son avis sur le CERFA 14880*02 — document distinct du questionnaire.
- Archivage : le questionnaire, couvert par le secret médical, est versé au dossier du médecin et n'est pas transmis à la préfecture.
Le questionnaire préalable est donc, du point de vue du médecin agréé, un outil d'amorçage de la consultation : il structure l'interrogatoire et oriente l'examen, sans jamais s'y substituer ni lier le médecin dans l'avis qu'il rendra. Selon les textes, c'est un support déclaratif ; il revient au médecin d'en apprécier les éléments à la lumière de son propre examen.
Côté usager, la page dédiée au patient explique la même pièce sous l'angle de la personne qui la remplit : voir le questionnaire préalable (Annexe III) côté patient.
Sources
- Arrêté du 28 mars 2022 — Annexe III (questionnaire préalable / déclaration de santé) — Légifrance
- CERFA n° 1488002 et notice explicative 5167603 (avis médical) — service-public.fr
- Code de la route, articles R226-1 à R226-4 (organisation du contrôle médical et secret médical) — Légifrance
- Questionnaire préalable (Annexe III) — page patient — /patient/questionnaire-prealable-controle-medical-aptitude-conduite