Par Dr Adrien Salles Médecin généraliste, médecin agréé permis de conduire · Mis à jour le

Sclérose en plaques et permis de conduire

Cet article fait partie de notre vue d'ensemble des pathologies évaluées lors de la visite médicale du permisClasse IV (neurologie).

La sclérose en plaques (SEP) n'est pas une contre-indication automatique à la conduite : la grande majorité des personnes atteintes continuent à conduire, parfois avec des aménagements. Mais depuis l'arrêté du 28 mars 2022, toute personne diagnostiquée doit obligatoirement faire valider son aptitude par un médecin agréé, même si elle n'a pas (encore) de gêne pour conduire.

Ce que dit la loi

L'arrêté du 28 mars 2022 a inscrit explicitement la SEP dans la liste des affections nécessitant une évaluation par un médecin agréé. La procédure est :

  1. Incompatibilité temporaire jusqu'à avis médical spécialisé ;
  2. Le diagnostic seul ne suffit pas à conclure : il faut un bilan, parfois pluridisciplinaire (neurologue, ophtalmologue, ergothérapeute) ;
  3. Le médecin agréé conclut alors à : compatibilité définitive ou temporaire, avec ou sans restrictions (aménagements du véhicule).

Conduire sans avoir effectué cette démarche après un diagnostic de SEP n'est pas explicitement sanctionné par une amende, mais peut entraîner des conséquences en cas d'accident (assurance, responsabilité civile et pénale).

Quels symptômes peuvent gêner la conduite ?

Tous les symptômes de la SEP n'affectent pas la conduite. Voici ceux qui sont évalués en priorité :

Symptômes moteurs

Ces symptômes peuvent imposer une boîte automatique (code 78), un accélérateur à gauche (code 25), ou d'autres aménagements.

Symptômes visuels

Un bilan ophtalmologique est presque systématique.

Symptômes cognitifs

Présents chez 40 à 60 % des patients SEP, parfois invisibles à l'auto-évaluation :

Un bilan neuropsychologique peut être nécessaire.

Fatigue

La fatigue SEP n'est pas comparable à la fatigue ordinaire. Elle peut survenir brutalement et altérer significativement la vigilance. Elle est prise en compte par le médecin agréé.

La démarche concrète

  1. Demandez à votre neurologue un compte-rendu détaillé récent précisant : forme de la SEP, EDSS, dernière poussée, traitement de fond, séquelles éventuelles.
  2. Examens complémentaires selon votre situation : champ visuel, OCT (ophtalmo), bilan neuropsychologique, bilan ergothérapique.
  3. Prenez rendez-vous avec un médecin agréé par la préfecture pour la visite médicale (voir Trouver un médecin agréé).
  4. Apportez tous vos documents à la visite (voir Quels documents apporter).
  5. Le médecin agréé conclut : apte, apte temporaire (généralement 1 à 5 ans), apte avec restrictions (codes sur le permis), ou inapte.

Aménagements possibles du véhicule

Si votre SEP entraîne des difficultés motrices, plusieurs aménagements existent :

Le CEREMH (Centre de Ressources et d'Innovation Mobilité Handicap) et certaines auto-écoles spécialisées peuvent vous accompagner. Une partie du coût des aménagements peut être prise en charge par la MDPH/PCH.

Pendant une poussée

Une poussée évolutive peut momentanément rendre la conduite dangereuse. Pendant la poussée :

Suivi périodique

L'aptitude est en général délivrée à titre temporaire, avec réévaluation tous les 1 à 5 ans selon l'évolution de la maladie. Pour les conducteurs professionnels (groupe 2), le suivi est nettement plus rapproché et l'aptitude plus rare en cas de SEP active.

Si je suis déclaré inapte

Plusieurs options :

L'inaptitude définitive pour SEP est rare et ne concerne que les formes très sévères ou en forte évolution.


En résumé

Étape À faire
Au diagnostic Prendre rendez-vous avec un médecin agréé
Avant la visite Bilan neurologique, ophtalmologique, parfois neuropsy/ergothérapie
Pendant la visite Apporter compte-rendus, traitement, EDSS
Conclusion fréquente Aptitude temporaire (1 à 5 ans) avec ou sans aménagements
Suivi Renouvellement périodique selon évolution

Pour aller plus loin


Sources