Après un infarctus, un angor ou une revascularisation, la reprise du volant obéit à des délais et à une condition de stabilité. Voici les verdicts d'aptitude tels que l'arrêté du 28 mars 2022 les formule.
L’essentiel. Selon l'arrêté, après un infarctus du myocarde avec atteinte myocardique significative, la reprise n'est pas autorisée avant un délai minimum de 4 semaines (groupe 1) ou 6 semaines (groupe 2). La compatibilité suppose ensuite une insuffisance coronarienne stable et maîtrisée, sans symptôme au repos ou lors des efforts et émotions usuels. Une insuffisance coronarienne instable est incompatible tant que les symptômes persistent. Après revascularisation (stent ou pontage), s'ajoute un délai postopératoire minimum de 4 semaines (groupe 1) ou 6 semaines (groupe 2).Repère synthétique : la décision revient au médecin agréé, au cas par cas, sur la base de l’examen et des avis spécialisés. Les verdicts ci-dessous sont cités littéralement.
§1.1.2
Insuffisance coronarienne avec infarctus du myocarde
Groupe 1 · Annexe I
Incompatibilité temporaire4 semaines minimum
« la reprise de la conduite ne peut pas être autorisée avant un délai minimum de 4 semaines en cas d'atteinte myocardique significative. »
Puis, incompatibilité
« tant que l'insuffisance coronarienne est instable, cf. paragraphe 1.1.1 Insuffisance coronarienne instable ou Compatibilité (qui peut être initialement temporaire) : si l'insuffisance coronarienne est stable, cf. paragraphe 1.1.3 Insuffisance coronarienne stable. »
Groupe 2 · Annexe II
Incompatibilité temporaire6 semaines minimum
« la reprise de la conduite ne peut pas être autorisée avant un délai minimum de 6 semaines en cas d'atteinte myocardique significative. »
Puis, incompatibilité
« tant que l'insuffisance coronarienne est instable, cf. paragraphe 1.1.1 Insuffisance coronarienne instable. »
Ou, compatibilité
« si l'insuffisance coronarienne est stable, cf. paragraphe 1.1.3 Insuffisance coronarienne stable. »
§1.1.1
Insuffisance coronarienne instable
Groupe 1 · Annexe I
Incompatibilité
« tant qu'existent des symptômes cliniques ou électriques au repos ou lors d'efforts ou d'émotions usuels de la vie courante. »
Puis, compatibilité temporaire ou définitive
« si l'insuffisance coronarienne est stable et maîtrisée, cf. paragraphe 1.1.3 Insuffisance coronarienne stable. »
Groupe 2 · Annexe II
Incompatibilité
« tant qu'existent des symptômes cliniques ou électrique au repos ou lors d'efforts ou d'émotions usuels de la vie courante. »
Puis, compatibilité
« si l'insuffisance coronarienne est stable et maîtrisée, cf. paragraphe 1.1.3 Insuffisance coronarienne stable. »
§1.1.3
Insuffisance coronarienne stable
Groupe 1 · Annexe I
Compatibilité définitive
« si l'état clinique sous traitement est stable, sans symptomatologie clinique ou électrique au repos ou lors d'efforts ou d'émotions usuels de la vie courante. »
Groupe 2 · Annexe II
Compatibilité
« après avis médical spécialisé régulier, si l'état clinique sous traitement est stable, sans symptomatologie clinique ou électrique au repos ou lors d'efforts ou d'émotions usuels de la vie courante. »
§1.1.4
Insuffisance coronarienne traitée par endoluminal ou pontage
Groupe 1 · Annexe I
Incompatibilité temporaire (préopératoire)
« dès que l'indication de l'une des interventions citées est posée. »
« la reprise de la conduite ne peut pas être autorisée avant un délai minimum de 4 semaines. »
Puis, compatibilité définitive
« si l'insuffisance coronarienne est stable, cf. paragraphe 1.1.3 Insuffisance coronarienne stable ; dans les autres cas, voir en fonction de la situation. »
Groupe 2 · Annexe II
Incompatibilité temporaire (préopératoire)
« dès que l'indication de l'une des interventions citées est posée. »
« la reprise de la conduite ne peut pas être autorisée avant un délai minimum de 6 semaines. »
Puis, compatibilité
« si l'insuffisance coronarienne est stable, cf. paragraphe 1.1.3 Insuffisance coronarienne stable ; ou incompatibilité tant que les critères ne sont pas remplis. »
Combien de temps sans conduire après un infarctus ?
En cas d'atteinte myocardique significative, l'arrêté fixe un délai minimum de 4 semaines pour le groupe 1 et de 6 semaines pour le groupe 2 avant toute reprise. La compatibilité suppose ensuite une insuffisance coronarienne stabilisée (arrêté du 28 mars 2022, §1.1.2).
Quand l'insuffisance coronarienne est-elle compatible avec la conduite ?
Lorsqu'elle est stable : état clinique stable sous traitement, sans symptomatologie clinique ou électrique au repos ou lors d'efforts ou d'émotions usuels de la vie courante. La compatibilité est alors définitive pour le groupe 1, et possible pour le groupe 2 après avis spécialisé régulier (§1.1.3).
Et après une angioplastie (stent) ou un pontage ?
L'arrêté prévoit une incompatibilité dès que l'indication est posée, puis un délai postopératoire minimum de 4 semaines (groupe 1) ou 6 semaines (groupe 2) ; la compatibilité dépend ensuite de la stabilité de l'insuffisance coronarienne (§1.1.4).
Un angor instable permet-il de conduire ?
Non tant que persistent des symptômes cliniques ou électriques au repos ou lors d'efforts ou d'émotions usuels de la vie courante : l'insuffisance coronarienne instable est incompatible jusqu'à stabilisation (§1.1.1).