Pacemaker, défibrillateur (DAI) et permis de conduire
Par Dr Anouar Erradi — Médecin généraliste, médecin agréé permis de conduire · Mis à jour le
Les délais de reprise diffèrent nettement entre stimulateur cardiaque et défibrillateur, et le groupe lourd applique des règles à part. Voici les verdicts d'aptitude tels que l'arrêté du 28 mars 2022 les formule.
L’essentiel. Stimulateur cardiaque (pacemaker) : reprise possible après un délai minimum de 2 semaines en postopératoire, puis compatibilité définitive si l'avis spécialisé estime le risque de lipothymie ou de syncope négligeable. Défibrillateur implantable (DAI) : délai minimum de 12 semaines en prévention secondaire, 4 semaines en prévention primaire ; pour le groupe 2, le DAI entraîne une incompatibilité définitive dès l'indication posée.Repère synthétique : la décision revient au médecin agréé, au cas par cas, sur la base de l’examen et des avis spécialisés. Les verdicts ci-dessous sont cités littéralement.
§1.2.7
Stimulateur cardiaque implantable (pacemaker)
Groupe 1 · Annexe I
Incompatibilité (préopératoire) ou pas d'incompatibilité
« en préopératoire, dès que l'indication d'un stimulateur cardiaque implantable est posée si risque de lipothymie ou syncope ou pas d'incompatibilité si ce risque est négligeable. »
« en postopératoire, la reprise de la conduite ne peut pas être autorisée avant un délai minimum de 2 semaines si le risque de lipothymie ou de syncope n'est pas négligeable (fonction du type de simulateur). »
Puis, compatibilité définitive
« pour l'usager porteur d'un stimulateur cardiaque, sous réserve de l'avis médical spécialisé, qui évalue l'efficacité du stimulateur avec un risque de lipothymie, syncope ou mort subite considéré comme négligeable ; ou incompatibilité si ce risque n'est pas négligeable. »
Groupe 2 · Annexe II
Incompatibilité temporaire (préopératoire)
« en préopératoire, dès que l'indication d'un stimulateur cardiaque implantable est posée si risque de lipothymie ou syncope. »
« en post opératoire, la reprise de la conduite ne peut pas être autorisée avant un délai minimum de 2 semaines. »
Puis, compatibilité
« pour les usagers porteurs d'un stimulateur cardiaque, sous réserve d'un avis médical spécialisé régulier, qui évalue l'efficacité du stimulateur avec un risque de lipothymie, syncope ou mort subite considéré comme négligeable ; ou incompatibilité tant que les critères ci-dessus ne sont pas remplis. »
§1.2.5
Défibrillateur automatique implantable (DAI) ou choc électrique externe
Groupe 1 · Annexe I
Incompatibilité temporaire (préopératoire)
« dès que l'indication d'implantation d'un défibrillateur est posée. »
« la reprise de la conduite ne peut pas être autorisée avant un délai minimum de 12 semaines lors de la primo implantation d'un défibrillateur à titre curatif en prévention secondaire. »
Puis, incompatibilité temporaire (postopératoire) — primo-implantation en prévention primaire4 semaines
« la reprise de la conduite peut être autorisée au bout de 4 semaines si le défibrillateur est implanté avec succès en prévention primaire. »
Cas particulier — remplacement
« compatibilité temporaire, en post-opératoire immédiat possible, après avis médical spécialisé, en cas de remplacement d'un défibrillateur implantable. »
Puis, compatibilité temporaire
« si l'avis médical spécialisé estime que le risque de lipothymie ou de syncope est considéré comme négligeable ou incompatibilité temporaire ou définitive : si la condition n'est pas remplie. »
Après un choc électrique par défibrillateur externe — en urgence4 semaines minimum
« Incompatibilité temporaire de 4 semaines minimum lorsque le choc électrique est réalisé en urgence. »
Après un choc électrique par défibrillateur externe — programmé
« Pas d'incompatibilité temporaire si le choc électrique est programmé (type pour réduire une fibrillation atriale). Puis, voir en fonction du trouble du rythme en cause. »
Groupe 2 · Annexe II
Incompatibilité définitive
« dès que l'indication est posée, que la pose soit effective ou non. »
§1.2.6
Défibrillateur externe portable (gilet)
Groupe 1 · Annexe I
Incompatibilité
« tant que le port du gilet est indiqué et jusqu'à la mise en œuvre du traitement définitif. »
Puis, incompatibilité ou compatibilité temporaire ou définitive
« en fonction du traitement définitif et de ses résultats. »
Groupe 2 · Annexe II
Incompatibilité définitive
« dès que l'indication est posée, que la pose soit effective ou non. »
Combien de temps sans conduire après la pose d’un pacemaker ?
En postopératoire, la reprise ne peut pas être autorisée avant un délai minimum de 2 semaines si le risque de lipothymie ou de syncope n'est pas négligeable. La compatibilité devient ensuite définitive sous réserve d'un avis spécialisé estimant ce risque négligeable (groupe 1, arrêté du 28 mars 2022, §1.2.7).
Et après l’implantation d’un défibrillateur (DAI) ?
Pour le groupe 1 : délai minimum de 12 semaines lors d'une primo-implantation en prévention secondaire, et de 4 semaines en prévention primaire. La reprise reste conditionnée à un avis spécialisé jugeant le risque de syncope négligeable (§1.2.5).
Pacemaker ou DAI et permis poids lourd (groupe 2) ?
Le défibrillateur implantable entraîne une incompatibilité définitive pour le groupe 2, dès que l'indication est posée, que la pose soit effective ou non (§1.2.5). Le stimulateur cardiaque reste compatible sous réserve d'un avis spécialisé régulier et d'un délai minimum de 2 semaines après la pose (§1.2.7).